70. Le Kaokoland, terre rouge des Himbas


Capitale administrative de la région du Kaokoland, "Opuwo", en herero, signifie "fin". Ce n'est qu'une petite ville poussiéreuse, une ancienne base militaire où le temps semble s'être figé. Appuyée contre un mur, une jeune femme himba, seins nus, ceinturée de cuir, se désaltère...d'un Coca Cola. Elle regarde, impassible, arriver et repartir les étrangers. Nous sommes venus pour elle sur cette terre. Mais à quelle terre rêve-t-elle ?
Elle jette sa canette, ajuste le nouveau-né dans ses bras et reprend sa marche sans doute vers l'une de ces cases qui forment un étrange bidonville. Les premières habitations aperçues présentent bien cette forme arrondie surmontée d'un toit plus foncé, mais à Opuwo, elles trônent au milieu des terrains vagues et ne sont faites que de cartons, de bouts de tôle et de toile de vieux jute. Opuwo est un arrêt pratique pour faire le plein d'essence et de provisions, dans l'un ou l'autre des deux "supermarchés'', mais Opuwo est aussi une mise en garde: loin des clichés d'une terre pure, le Kaokoland est un monde fragile, dans un équilibre précaire. Kaokoland, un nom qui résonne comme l'une des dernières terres vierges du continent noir. Son éloignement, ses montagnes spectaculaires et ses indigènes offrent à la région son aura et son mystère.Elle fut interdite d'accès jusque dans les années 70 par le gouvernement sud-africain et les quelques civils ou scientifiques qui foulèrent sa terre rouge, accentuèrent encore l'idée de contrée romantique. Au milieuduXIXème siècle, un chasseur, nommé Charles John Andersson la baptisa Kaokoveld, mot dérivé de l'herero "Kaoko" qui désigne les montagnes du nord-ouest. Le terme Kaokoveld fut utilisé jusque dans les années 1970, lorsqu'en suivant les recommandations de la commission Odendaal, les homelands du Kaokoland et du Damaraland furent créés. Le Kaokoland couvre environ 49 000 hectares. Son altitude varie entre600 et 1 200mètres, avec pour point le plus haut les Baynes, à 2 039 mètres. Ce vaste territoire est divisé entre les hautes terres de l'intérieur et les plaines, considérées comme pro-Namib. La bordure ouest des hautes terres est une frange de montagnes déchirées qui descend à pic vers les basses plaines. Plus à l'ouest, le pro-Namib, mêlant ses savanes ouvertes aux sables, rejoint le désert de la côte et les petits cours asséchés qui le parcourent, se perdent dans le sable des dunes. Le plateau intérieur est aussi drainé par de nombreuses rivières éphémères. Certaines rejoignent au nord, la Kunene alors que d'autres, plus à l'ouest, lancent leur course éperdue vers l'Atlantique, qu'elles n'atteignent pratiquement jamais. Leurs lits sableux dissimulent, sous quelques mètres, des nappes souterraines qu'il faut aller chercher en creusant parfois profondément Ie sol. Il tombe en moyenne 350 mm d'eau à Opuwo, des pluies qui se raréfient vers l'ouest où elle n'atteignent guère que 100 mm par an.


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