60. Le parc d'Etosha


Le désert salé d'Etosha

La légende d'une tribu san raconte qu'après avoir subi une attaque meurtrière au cours de laquelle tous les hommes et les enfants furent exterminés, l'une des femmes bouleversée par la mort des siens,versa tant de larmes qu'elles formèrent un immense lac. Lorsqu'il s'assécha, il ne resta plus qu'une vaste étendue de sel.Ainsi naquit le pan d'Etosha, douloureux et magnétique.
La grande place blanche
La traduction la plus couramment admise pour « Etosha » est la « grande place blanche ». Quels mots pourraient plus simplement et sûrement définir cette étendue désertique, dont la blancheur éclaire le ciel et éblouit le visiteur ?
Les premiers habitants des lieux furent des Sans, qui en petites bandes, nomadisaient autour du pan. Etosha jouait aussi un rôle économique et religieux pour les Ovambos. Non seulement pour le sel qui y était collecté,mais au travers de rituels sacrés, peut-être magiques, Etosha s'étend sur les sables du bassin du Kalahari. Résultat des mouvements de l'écorce terrestre, dont la pression développée au nord et au sud, a créé cette vaste dépression remplie d'eau.
Il y a 12 millions d'années, la Kunene devait couler dans le pan. Mais durant l'ère tertiaire, ses flots divergèrent vers l'océan Atlantique et le lac s'assécha pour former le pan : quelques 5 000 kilomètres carrés s'étendant sur 120 kilomètres d'est en ouest et environ 70 de large, couverts d'une couche de sel empêchant toute végétation d'y croître.
Le gouverneur allemand Friedrich Von Lindequist proclama en 1907 la création des réserves dont la plus vaste comprenait le pan d'Erosha et le Kaokoveld. Elle s'étendait de la Kunene au nord, jusqu'à Hoarusib, soit un total de 93240 km². Elle resta ainsi jusqu'en 1947, époque où le Kaokoveld fut déclaré "Terre des Hereros". À la même époque, une portion de 3500 kilomètres carrés fut annexée pour les fermiers. Il fut bientôt évident que la réserve d'Etosha n'était plus assez grande pour assurer la protection des grandes espèces telles que le rhinocéros noir, le zèbre de montagne, et l'impala à tête noire, ni pour permettre les migrations des éléphants, ainsi que l'arrivée de nombreux animaux fuyant les feux des chasseurs de trophées et l'accroissement démographique. Il fut alors décidé de repousser les frontières vers l'est.
En 1956, les terres inoccupées entre l'Hoanib et l'Ugab furent ajoutées au parc, doublant pratiquement sa surface pour atteindre 99 526 km². Mais ce qui fut, un temps, la plus grande réserve du monde ne le resta qu'une courte période. Et les homelands du plan Odendaal déclassèrent une superficie de71 972 km² pour la partager entre Ovamboland, Kaokoland et Damaraland.
Bien que quelques terres furent récupérées de-ci de-là, la surface du parc fut réduite à 22270 km² sa taille actuelle. Ce qui lui donne une longueur d'environ 300 km sur une largeur de 100 km. Trois grands types végétaux se partagent la superficie du parc.
Une savane arborée à l'est, buissons et épineux dans l'ouest et bush rabougris ne le pourtour immédiat du pan. Mais partout, le mopane (colospermum mopane) est dominant, constituant plus de 80% des arbres d'Etosha.
Le pan est lui même classé comme désert salé, et manque cruellement de végétation, exceptées les hautes tiges des sporobolus salsus qui poussent lors de la saison humide, l'une des rares plantes que le sel ne décourage pas complètement.

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